NIKITA IMBASSAI...

quelques extraits de texte « IMBASSAI »

 


Extrait 4 :
5, voir 10 mn après… Lui : « C’est bon ? On essaye ? ». Moi : « Bientôt… ».
Après avoir passé bien trente minutes sur le pot, je m’agrippe à mon sauveur qui parvient à me ramener, avec le même effort qu’à l’aller, sur le matelas. Commencent à m’entrer des sueurs froides impressionnantes. Je m’écroule sur la couche… Grelottant, glacé, mes os jouant aux dominos. Froid sibérien dans mon corps.
Lui déplie les couvertures (voilà pourquoi les couvertures…) et tel une mère-poule, me borde dedans… La bonne nouvelle, c’est que le zapping est terminé. On a rangé l’écran. Plus d’envies de selles non plus. Mais j’ai encore la nausée… Et putain, qu’est-ce que j’ai froid ! Lui continue à siffler. Mais plus calmement… D’un coup les sueurs froides se transforment en transpiration brûlante. J’étouffe ! Je sens que je vais exploser telle une cocotte-minute d’un jihadiste…
Puis, comme après une tempête, le calme revient. Doucement. Je ne suis qu’une épave échouée sur un matelas de mousse…
« Voulez-vous dormir ici ? Ou rentrer dans votre lodge, monsieur ? La cérémonie est en train de se finir ».
Mon lodge, le n° 4, était mon chez moi de passage. Bien qu’il n’y ait dans mon sac à dos que quelques vieilles fringues, une trousse de toilette et un appareil photo, cela me rassurait de le retrouver…

Difficilement, il m’aida à bouger ma carcasse… Nous marchons péniblement pour rejoindre ma chambre. Mais au bout de trois pas, de nouveau, une envie folle de vomir. L’effort fait retentir un cri de Tyrannosaure Rex, mais plus rien ne sort…
Je retrouve ma paillasse. Il me demande s’il peut partir… Attendez un peu, s’il vous plait, le temps que je m’endorme…
Puis le calme et la paix intérieure me gagnent. Comme le sommeil. Avant qu’il ne prenne congé de moi, je lui dis merci… Et lui demande de laisser la lumière.

Je pense que la cérémonie aura duré au total cinq ou six heures.
Je m’endors enfin.